Mieux comprendre la bibliothèque et les bibliothécaires

Qu’est-ce qu’un MOPAC en bibliothèque ?

Les Français consultent de plus en plus Internet depuis leur smartphone plutôt que leur PC (« 50,7% des Français, soit 26,3 millions, se connectent chaque jour à Internet sur leur smartphone » selon le JDN).

Prendre en compte cette donnée, c’est donc devoir adapter également le catalogue de la bibliothèque aux terminaux mobiles. D’où la création d’un MOPAC : un OPAC (Online Public Access Catalogue) créé pour mobile.

Stratégie mobile en bibliothèque

Une navigation facilitée

L’objectif du MOPAC est de répondre d’une part au besoin ergonomique d’un écran plus petit et d’autre part à celui de rapidité.

Outre la recherche, le MOPAC doit également permettre d’effectuer les opérations courantes en bibliothèques : s’identifier, réserver, renouveler un prêt ou encore connaître la date de retour des emprunts.

L’interface graphique, simple et dont le fonctionnement rappelle celui de la version « desktop » (ordinateur) saura ne pas dérouter l’usager et le conforter dans ses habitudes.

Exemples de MOPAC de bibliothèques

La société espagnole Baratz qui développe le SIGB AbsysNet propose la création d’un MOPAC.

☞ Comparez la version MOPAC (image ci-dessous) et la version OPAC (ordinateur) du Réseau des bibliothèques de Navarre (Espagne).

D’ailleurs, d’autres exemples de leur MOPAC sont disponibles sur le Pinterest du groupe Baratz : on retrouvera notamment l’Institut Cervantes, le musée Reina Sofia de Madrid, l’université publique de la Navarre (Espagne), etc.

En France, le SUDOC offre un MOPAC développé par ses soins comme précisé par ici et issu « d’une coopération entre l’ABES et l’Université Numérique Paris Ile-de-France (UNPIdF) ».

Mais… MOPAC ou responsive design ?

La question que je (me) pose est de savoir ce qu’apporte un MOPAC par rapport à un OPAC responsive (exemple : celui des BU de l’université de Bourgogne) car de mon point de vue, autant développer un outil adaptable sur plusieurs supports (responsive donc) : la gestion technique en est facilitée et le coût réduit, non ? Les techniciens sauront sans doute éclaircir mes doutes.

Autre aspect important du responsive : on garde la même URL alors que le MOPAC, l’interface dédiée mobile, aura sa propre URL. Vous l’aurez compris, outre génèrer de la confusion chez l’usager, ce n’est pas bon pour le référencement 😉

Les 7 grands clichés sur les bibliothèques

Dépassées les bibliothèques ? Oui pour certains en tous cas… C’est le grand danger et l’image qu’il faut s’atteler à changer avant que ces structures ne soient complètement délaissées.

Je reprends ici un article du Huffington Post ensuite repris aussi par ici. Alors, les bibliothèques sont-elles devenues « ringardes » ? Voici les 7 grands clichés qui leur collent à la peau et des moyens de les effacer en passant aussi par la communication et le webmarketing :

1. Les bibliothèques sont des lieux silencieux (tout le temps, partout)

Même si la tendance est au changement sur ce point avec l’arrivée des « bibliothèques 3e lieu », votre dernier « chuuuut ! » ne remonte peut-être pas à si longtemps. Aujourd’hui, on essaye de gommer cette image en proposant toutes sortes d’activités bien vivantes : concerts (exemple à la bibliothèque municipale Annie Fratellini d’Angers (vidéo ci-dessous) ou à la BU du centre universitaire Clignancourt), tournois de jeux vidéos (comme à la bibliothèque François Mitterrand de Chenôve), séances de cinéma…

➡︎ La bibliothèque municipale Annie Fratellini d’Angers a eu la bonne idée de faire une vidéo de cette animation et de la diffuser en ligne.

« Piano et guitare à disposition du public » (Médiathèque François Mitterand des Ulis)

2. Les clubs de lecture sont ennuyeux

Il n’est pas rare que les lecteurs se voient offrir le café et découvrent des livres mais aussi BD, CD et films qu’ils n’auraient pas eu idée d’essayer avant leur venue au club. D’ailleurs, les BM de Grenoble vont plus loin en proposant des clubs de lecture en anglais, allemand, arabe, espagnol, italien et FLE (français langue étrangère).

« La médiathèque propose une fois par mois, le vendredi à 18h, une rencontre autour d’un café. Une bonne occasion pour partager ses lectures et découvrir une sélection de nouveautés.

Les participants peuvent s’ils le souhaitent contribuer à la rédaction des « Coups de Coeurs » qui enrichiront ensuite le blog et la page Facebook de la médiathèque. » (Médiathèque de Quimperlé ici et )

➡︎ On notera ici l’utilisation de ces avis pour enrichir le site de la médiathèque.

3. Les activités manuelles sont démodées et pour les enfants

Au contraire, les activités manuelles reviennent en force : scrapbooking, tricot, couture, goût pour le fait-main (DIY), FabLab…

➡︎ C’est l’occasion de cibler un autre public que l’on pourra fidéliser aussi via les réseaux sociaux 😉

4. On ne trouve que des livres à la bibliothèque

C’est vrai que l’on parle encore largement de « bibliothèque » alors que le terme de « médiathèque » est le plus adapté. Envie de regarder les épisodes de Game of Thrones ? D’apprendre à utiliser Linux ? De faire ses premiers pas à l’informatique ? De participer à une dégustation culinaire ? De jouer aux jeux vidéos ? La médiathèque est aussi là pour ça.

➡︎ Pourquoi ne pas publier de temps en temps un post un peu attractif sur la dernière série TV à la mode en précisant qu’elle est disponible en rayons ?

5. On s’ennuie à la bibliothèque

Les exemples précédents permettent déjà d’être en désaccord avec ce cliché. Les auteurs de l’article vont jusqu’à dire que :

« les bibliothèques sont subversives ; nous défendons la cause des livres censurés et des idées innovantes. Les bibliothèques sont vibrantes ; nous rassemblons les membres d’une communauté. »

6. Les bibliothèques sont faites pour les intellos

Ouvertes à tous et pour tous les goûts, elles permettent de s’ouvrir au monde.

➡︎ Encore faut-il en faire la démonstration via l’OPAC ou les réseaux sociaux.

7. Les bibliothèques sont faites pour les enfants

Lieu d’apprentissage, elles investissent beaucoup de temps et de ressources pour combler les plus jeunes mais les adultes aussi peuvent y apprendre beaucoup qu’il s’agisse de besoin en loisirs (comme vu plus haut) ou en formation tout au long de la vie.

Alphabétisation en bibliothèque : de quoi parle-t-on ?

Définitions : alphabétisation, illettrisme, FLE… littératie ?

Avant toute chose, il est important de faire quelques distinctions pour des notions souvent confondues.

Alphabétisation

L’alphabétisation est l’apprentissage des rudiments essentiels pour tout citoyen : l’écriture, le calcul et la lecture. L’analphabète est pour l’UNESCO, un terme qui  désigne une personne « incapable de lire et d’écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne »¹​.

L’alphabétisation permet de mieux appréhender ce qui l’entoure, comprendre le monde dans lequel il évolue et in fine d’être autonome. Du fait de l’instruction obligatoire² jusqu’à 16 ans en France, l’analphabétisme relève plutôt de personnes migrantes qui n’ont pas eu l’éducation scolaire nécessaire dans leur pays d’origine.

Plusieurs niveaux existent :

  • de l’alphabétisation de base avec la connaissance des lettres et mots
  • à l’alphabétisation fonctionnelle où il s’agit de lire et écrire
  • jusqu’à l’alphabétisation multiple qui concerne la compréhension écrite avancée et la capacité à émettre un jugement par quel que médium que ce soit)³.

Illettrisme, FLE (français langue étrangère)

On distingue l’alphabétisation, sans aucun accès préalable à l’école, de l’illettrisme (grande cause nationale de 2013 en France) où l’apprentissage a bien eu lieu mais est oublié ou mal maîtrisé. En France, 7 % de la population âgée de 18 à 65 ans est touchée (source : ANLCI). Enfin, le FLE (Français Langue Etrangère) est une langue étudiée par des apprenants étrangers ayant été scolarisés (ou encore en scolarisation).

Si ces trois publics ont en commun la volonté d’apprendre le français, leurs profils sont très différents. De manière globale, l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) utilise le terme de « littératie » pour qualifier les compétences à comprendre un texte au quotidien et de « numératie » pour ce qui concerne les chiffres.

Enjeux de la question interculturelle dans les bibliothèques françaises

Intégration, assimilation

L’alphabétisation suppose l’accueil de publics étrangers, en besoin d’apprendre la langue française pour se sentir mieux en France.

Il peut par exemple s’agir de personnes arrivées en France pendant les années 60-70 (lorsque le besoin de main-d’oeuvre était important) mais qui n’ont pas ressenti le besoin d’apprendre la langue car épaulées par d’autres compatriotes dans leur quotidien.
Aujourd’hui en 2016 et demain sans doute, il s’agit aussi des migrants (réfugiés, exilés) qui fuient la guerre dans leur pays ou d’autres migrants, économiques. En tout état de cause, cela pose pour les bibliothèques la question de l’accueil et des ressources à fournir.

Studying Visual Literacy

On comprend alors que se joue ici la question de la diversité culturelle en bibliothèque et donc du choix entre l’interculturel et le multiculturel qui lui-même soulève des interrogations politiques : faut-il intégrer, assimiler ou accepter l’expression des différences ? Le multiculturalisme ne fait pas partie de la tradition française, au contraire du Royaume-Uni par exemple. Sur la question de la langue, le ministère de l’intérieur a tranché en mettant en place le label « Français Langue d’Intégration » :

« L’enseignement de la langue française aux personnes immigrées constitue une ambition et une des priorités fortes de la politique d’intégration. Il s’agit à travers la démarche « Français langue d’intégration » de donner aux personnes nouvellement arrivées sur notre territoire, ou à celles qui sont présentes depuis longtemps mais n’ont pas eu l’occasion de faire un tel apprentissage ou enfin celles qui sont candidates à la nationalité française, tous les atouts pour favoriser leur intégration professionnelle, sociale et culturelle. »

Références


1. UNESCO. Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous, 2007 [En ligne] Disponible sur http://www.unesco.org/education/GMR/2007/glossaire.pdf (consulté le 07/02/16)

2. SERVICE-PUBLIC.FR. Instruction obligatoire [En ligne] Disponible sur https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1898 (consulté le 07/02/16)

3. COMMISSION EUROPEENNE. Foire aux questions sur la politique de la Commission européenne en matière d’alphabétisation et rapport du groupe d’experts de haut niveau sur l’illettrisme. In : Press Release Database [en ligne]. Commission européenne. Disponible sur http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-12-646_fr.htm (consulté le 07/02/16)

4. ANLCI. Agence nationale de lutte contre l’illettrisme [en ligne]. Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Disponible sur http://www.anlci.gouv.fr/ (consulté le 07/02/16)

5. INSEE. Les capacités des adultes à maîtriser des informations écrites ou chiffrées. In : INSEE [en ligne]. INSEE. Disponible sur http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1467&page=sdb#def1 (consulté le 07/02/16)

6. MINISTERE DE L’INTERIEUR. Le label qualité « Français langue d’intégration » (FLI). In : Immigration, asile, accueil et accompagnement des étrangers en France [en ligne]. Ministère de l’intérieur. Disponible sur : http://www.immigration.interieur.gouv.fr/Accueil-et-accompagnement/L-apprentissage-du-francais/Le-label-qualite-Francais-langue-d-integration/Le-label-qualite-Francais-langue-d-integration (consulté le 07/02/16)

« Crépuscule des bibliothèques » : l’avez-vous lu ?

Après avoir rattrapé par podcast l’émission radio de France Inter sur l’avenir des bibliothèques (« Y a-t-il encore des livres dans les bibliothèques », disponible ici), j’ai voulu juger de l’opinion tant contestée de « Virgile Stark » (un pseudonyme) dans son Crépuscule des bibliothèques.

Avez-vous lu cet ouvrage ? Loin de moi l’idée de vous résumer les arguments exposés dans le livre car je déteste lire chez d’autres cet exercice qui tue l’envie d’explorer par soi-même. Cependant, j’aimerais vous part de quelques commentaires et exprimer ce qu’il a provoqué comme émotions en moi.

Une opinion bien tranchée

Même si au début je ne partageais pas du tout son point de vue supposé (à l’écoute de l’émission radio ci-dessus présentée), je dois avouer que les arguments de Virgile Stark ainsi que l’érudition qu’il démontre sur le rôle du livre et sa place comme « medium culturel » permet le doute. J’en ressors avec une meilleure compréhension des visions qui s’entrechoquent parmi les personnels des bibliothèques sur l’arrivée du numérique : ceux qui sont réticents ont certaines raisons de l’être et il est bon de comprendre pourquoi.

L’ouvrage fourmille de remarques très intéressantes, fruits d’une longue observation des traits du métier en bibliothèque et d’un regard critique affiné.

Lecture indispensable

Je trouve que Crépuscule des bibliothèques est une lecture indispensable pour tout employé de bibliothèque et surtout, faut-il le préciser, pour tout étudiant se dirigeant vers les métiers du livre et des sciences de l’information-communication. Vous ne trouverez pas ce genre de discours à l’IUT ou à l’université alors n’hésitez pas à regarder plus loin et franchir d’autres barrières.

Un style savoureux

Quelle délectation de lire ces pages ! Superbement écrit, chaque phrase du livre est un réel plaisir car chaque mot est pensé, choisi savamment, méticuleusement même. On sourit, on s’amuse avec les mots et les références.

En espérant avoir éveillé davantage votre curiosité…

Et si la notation arrivait en bibliothèque ?

La notation, de quoi s’agit-il ?

J’évoque ici la notation par les usagers eux-mêmes. De nos jours, chacun d’entre nous est amené à donner son avis, attribuer une note, une appréciation chiffrée donc pour un service rendu et/ou la qualité d’un produit (le Web 2.0. est passé par là).

Exemples : les avis notés sur Amazon, TripAdvisor, Booking.com, les comparateurs en ligne (restaurants, assurances…) et bien d’autres encore. La réputation en ligne, l’e-réputation dépend notamment des notes attribuées.

Amazon.com: Customer Reviews: Made to Stick: Why Some Ideas Survive and Others Die
Best Selling Doesn't Mean Best Written...or Best REVIEWED Fifty Shades of Grey

Tous supports

La notation traverse les supports : en plus des avis sur les sites Web, on trouve des applications pour téléphone qui utilisent le système de note. Il n’est pas rare d’ailleurs de trouver des applications dont le concept repose entièrement sur l’avis des utilisateurs (Instagram par exemple). Le critère de la note devient crucial.

Bonne note = popularité
Mauvaise note = impopularité et relais en queue de classement…

Appstore
(Exemple avec l’AppStore d’Apple)

Certains peuvent regretter le caractère raccourci de la note (et encore une fois la suprématie des chiffres) mais il est vrai qu’avec des usagers de plus en plus pressés et exigeants, elle a trouvé sa place partout jusqu’à devenir un business model pour certaines entreprises.

Une application au service public ?

L’ancêtre papier : le livre d’or

"Private, we're paratroopers, we're meant to be surrounded!"

L’avis public. L’avis est déjà présent depuis bien longtemps avec par exemple le fameux livre d’or proposé à la fin d’une visite d’un musée. Le public est invité à y déposer ses commentaires, appréciations, suggestions, etc.

L’avis privé. En musée toujours, on peut demander au visiteur de bien vouloir remplir un formulaire où il sera invité à donner des notes : « Etes-vous satisfait des oeuvres présentées ? », « Les explications sont-elles suffisantes ? », « La durée de la visite guidée est-elle adaptée ? », « Recommanderiez-vous la visite à un ami ? »…

Sur Internet

Le service public est déjà noté, il suffit de parcourir les sites comme TripAdvisor :

Les bibliothèques sont aussi présentes (proportionnellement assez peu) :

La notation ne semble donc pas contraire au service public. Après tout, il s’agit de rendre un service à l’usager et mesurer sa satisfaction peut faire sens.

La note au service de l’usager

  • Donner l’image d’une bibliothèque qui se soucie des avis de ses usagers,
  • l’usager peut exprimer ses remarques,
  • adaptation et réactivité nécessaire de la part de l’équipe en bibliothèque pour améliorer l’offre et/ou l’accueil,
  • identification des bons et mauvais points (sans en faire seulement l’expectative).
  • On le sait, nos bibliothèques contiennent des trésors de divertissement et de savoir. La réputation des bibliothèques pourrait ainsi être améliorée grâce à l’avis des usagers-internautes et aider ainsi à la survie de ces établissements que certains condamnent déjà.
  • Renouer le lien avec certains publics : les adolescents par exemple, ceux qu’on perd habituellement sur la route entre l’enfance et l’âge adulte…
Ennui

Les craintes et difficultés

La mauvaise foi

Comme sur tout service de notation, certains usagers peuvent faire preuve de mauvaise foi. Malgré tout, on remarque que cela n’arrête pas pour autant l’existence des sites de notation : à croire que la force du nombre permet une régulation

Bibliothécaires et tutelles

  • Les tutelles étant souvent assez frileuses quant à l’utilisation des réseaux sociaux, que vont-elles répondre à la volonté d’être noté en public ? Dans le cas où la note est mauvaise en particulier…
  • A qui attribuerait-on une note : à l’établissement dans son ensemble ou irions-nous jusqu’à la notation des bibliothécaires par les usagers ? (Vous préssentez la suite ?)
  • Quid des bibliothèques et/ou bibliothécaires qui obtiendraient de mauvaises notes ? Seraient-ils mis sur la sellette professionnellement ? Risqueraient-ils de perdre leur emploi ? Est-ce le supérieur hiérarchique qui serait exposé à de telles possibilités ?
  • Au contraire, qui des bibliothèques et/ou bibliothécaires qui afficheraient de très bonnes notes ? Serait-ce là pour eux l’occasion de revendications professionnelles, salariales, d’une prime (prime au mérite dans la fonction publique) ? Assisterait-t-on à une course au classement entre bibliothécaires avec la distinction des « bibliothécaires d’excellence », les « bibliothécaires à 5 étoiles » ? Feraient-ils l’objet d’appels du pied de la part d’autres établissements ?

Et si on créait un outil ?

Serait-ce l’occasion de créer un outil commun à envergure nationale pour comparer sur les mêmes critères et prendre la main sur cet outil forcément marketing puisque réunissant des données utilisateurs/usagers d’une part et au potentiel de notoriété intéressant ?

Personnellement je préfèrerais voir un tel outil créé par des acteurs publics ou associatifs des bibliothèques sinon un acteur privé se chargera de le faire sans que les bibliothèques puissent y ajouter la pertinence nécessaire dans les critères, penser à des évolutions pour le métier, etc.

Quelques idées de critères possibles

Grosso modo, il pourrait y avoir des critères sur le lieu bibliothèque, les collections, les services et peut-être donc… le personnel.

Le lieu

  • L’accessibilité (extérieure, intérieure) pour les handicapés ou les personnes séniors,
  • le mobilier (canapé, fauteuils, étagères, tables…),
  • le nombre de places assises,
  • la luminosité,
  • la propreté,
  • le caractère agréable d’y rester.

Les collections

  • La facilité de repérer un ouvrage avec la cote en main (système de cotation),
  • l’ampleur du fonds,
  • son état.

Les services

  • L’écoute ou le visionnage d’oeuvres audio/vidéo sur place (CD, DVD…),
  • l’offre culturelle, événements pour : les enfants, adolescents, étudiants, adultes, séniors (intéressant de segmenter pour découvrir les points faibles et attentes),
  • le service de restauration (distributeurs, café dans la bibliothèque..),
  • les horaires,
  • le matériel multimédia proposé (ordinateurs, tablettes, prises USB…),
  • le matériel pédagogique proposé (tableaux blancs, salles de travail en groupe…),
  • le rayonnement en ligne (présence de la bibliothèque sur les réseaux sociaux par exemple).

Le personnel ?

  • L’amabilité/l’accueil du personnel,
  • l’efficacité du personnel quand l’usager demande un renseignement.

Au bout de tout ceci, nous obtiendrions une note finale.

Des GIFs et des bibliothèques

Des GIFs et des bibliothèques ou des GIFs et des bibliothécaires 😉

Les GIF(s) sont de retour

De quoi s’agit-il ? Le GIF est un format d’image animée. Après avoir connu son heure de gloire dans les années 1990, il envahit à nouveau le Web. Cette fois, ce n’est plus les boutons qui clignotent qui intéressent mais le GIF issu de scènes de films, séries, détournements d’interviews, etc.

Comme vous le constaterez ci-dessous, il vaut mieux utiliser ce format avec parcimonie pour soulager les yeux.

GIFs sur les bibliothèques et les bibliothécaires

Quelques exemples…

Pourquoi utiliser des GIFs en bibliothèque ?

Toujours dans le souci d’être au plus proche des publics et de leurs usages Web. L’idée est ici de communiquer de manière moins institutionnelle et parfois avec un esprit d’autodérision.

Cependant, si vous n’êtes pas sûr de pouvoir employer des images animées de ce type sur votre site, parlez-en à votre hiérarchie ou tutelle. Peut-être que sur vos réseaux sociaux, l’approche sera plus « facile ».

Trouver des GIFs

Parmi les endroits où vous pourrez trouver des GIFs, en voici quelques-uns :

  • Giphy
  • GifSoup
  • Google Images en filtrant la recherche via « Outils de recherche » puis « Types » : « Images animées » et voilà !

Créer ses propres GIFs

Vous avez sans doute remarqué que beaucoup des GIFs sont en anglais mais… heureusement des outils existent pour créer ses GIFs personnalisés, en voici une sélection :

  • Make A Gif : permet de créer un GIF à partir d’images, de vidéos Youtube, d’une vidéo, de votre webcam ou encore à partir d’un autre GIF.
  • Gifs.com propose aussi de réaliser un GIF à partir d’une vidéo YouTube.
  • GifSoup : pour créer un GIF à partir d’une vidéo YouTube (sous l’onglet « Search Animated Gif », vous pouvez également rechercher des images GIFs).

Test avec l’outil Gifs.com d’une création de GIF sur la Dewey à l’aide d’une vidéo YouTube de l’émission « C’est pas sorcier » :

Test avec l’outil MakeAGif d’une création de GIF sur le dépôt légal à la BNF à l’aide de la même vidéo :

Et les droits d’auteurs ?

Le Journal du Net propose un article complet sur la question.

Lancez-vous !

Libre à vous maintenant, selon votre public et votre liberté de ton, d’utiliser des GIFs sur votre site ou d’en diffuser via vos réseaux sociaux.

Bibliothécaires : que tweeter à vos usagers ?

En panne d’inspiration pour tweeter à vos usagers ? Voici des astuces pour retrouver la motivation et des idées que vous soyez bibliothécaire… ou non.

  1. Promouvoir ses événements
  2. Etre utile
  3. Etonner ses usagers
  4. Publier des médias
  5. Créer un sondage Twitter
  6. S’aider des hashtags tendance

Qu’est-ce qui fait parler en ce moment sur Twitter ? Le réseau social met à votre disposition un onglet « Tendances » présent sur votre page d’accueil ou votre page de profil. Celui-ci affiche les derniers hashtags les plus populaires : de quoi trouver peut-être un peu d’inspiration ?

Trouver l’inspiration chez les autres

Faites un tour chez les collègues : que tweetent-ils ? Il y a peut-être des idées à glaner et à proposer à vos twittos.

Recycler

recycle these cups

Republier ses anciens tweets

Il y a certainement des tweets qui, très loin dans votre timeline (votre fil Twitter), mériteraient d’être remis en avant. Il peut s’agir de tweets publiés alors que vous aviez beaucoup moins de followers que maintenant ou de tweets qui reprennent un intérêt différent aujourd’hui. La condition est bien sûr que leur contenu soit encore pertinent et puisse trouver de l’intérêt pour les internautes.

Répondre et recommander

Répondre aux tweets… positifs ou négatifs

Ca paraît simple mais répondre aux commentaires des autres twittos (usagers Twitter) positifs ou négatifs dynamise votre compte, montre votre présence et votre écoute aux remarques, éventuels problèmes soulevés, etc. Qu’il s’agisse de followers (abonnés à votre compte Twitter) ou non (autres usagers Twitter), prenez du temps pour eux. L’enjeu est de soigner votre e-réputation, d’anticiper un « bad buzz » ou encore de publier un prochain article sur votre blog ou SIGB récapitulant ces observations.

Retweeter

Lorsque vous êtes vraiment en panne d’inspiration et/ou pris par le temps, pensez au retweet ! A utiliser avec parcimonie pour ne pas inonder vos followers et en ayant en tête l’aspect utilitaire ou la volonté d’étonner vos usagers.

Twitter pour une bibliothèque : faut-il se lancer ?

Twitter est devenu un réseau social très populaire et prend une place grandissante dans les médias traditionnels comme le montre son arrivée dans les programmes TV par exemple.

Quelle que soit la taille de votre établissement, grande médiathèque ou petite bibliothèque, Twitter est donc non seulement un moyen de capter vos actuels et futurs usagers mais aussi d’être en relation avec eux.

Votre bibliothèque doit-elle pour autant se lancer dans Twitter ? Voyons quels peuvent être les avantages et les inconvénients d’une présence sur Twitter en contexte professionnel.

Avantages d’utiliser Twitter pour une bibliothèque

  • Twitter est un réseau social en vogue (2e après Facebook).
  • Un grand nombre d’usagers potentiels y sont présents, de (presque) tous les âges.
  • Possibilité de garder le contact avec votre communauté Twitter, développer un lien de proximité plus fort.
  • Tweeter c’est l’occasion de partager des informations sur vos services et activités mais aussi vos informations pratiques (fermeture et ouverture exceptionnelles par exemple).
  • Possibilité de créer des sondages d’une manière différente.
  • Plus grande réactivité en cas de « bad buzz » (rumeur préjudiciable) ou d’actualité chaude concernant votre bibliothèque.

Inconvénients d’utiliser Twitter pour une bibliothèque/médiathèque

  • Savoir être concis : 140 caractères pour faire passer votre message et/ou promouvoir vos activités et services, c’est parfois très court.
  • Trouver des idées de tweets et alimenter le compte régulièrement.
  • Tenir un compte Twitter peut devenir chronophage alors qu’il n’est peut-être pas inscrit en tant que tel dans votre fiche de poste.
  • Les bibliothèques peuvent éprouver du mal à capter une audience fidèle sur Twitter.
  • Le « bad buzz » (rumeur préjudiciable, mauvaise rumeur). Communiquer sur Twitter pour une bibliothèque c’est utiliser la voix et la réputation de celle-ci mais aussi de la tutelle. Un dérapage ou malentendu est vite arrivé si on ne prend pas toutes les précautions (se relire, valider le message, être clair…).

Ainsi, utiliser Twitter en tant que professionnel n’est pas sans risque ni inconvénient certes mais le jeu peut en valoir la chandelle car de nombreux clients potentiels s’y trouvent. Pour cela, n’oubliez pas que vous tweetez pour faire passer un message mais aussi des valeurs et un univers.

Selon votre cible, parlez de ce qu’il se passe dans votre secteur, des tendances, etc. Partagez également, des photos, des vidéos, etc. Ceci rendra votre compte Twitter plus humain.

Soyez créatifs et à l’écoute de vos « followers » (abonnés) comme s’ils entraient réellement sur le pas de porte de votre bibliothèque.

=> Voir aussi : les 10 outils Twitter gratuits à essayer

Créer un sondage Twitter pour sa bibliothèque ?

Le réseau social Twitter a lancé le 21/10/15 la fonction de sondage et voici un outil de plus pour connaître l’avis de vos usagers 🙂

Comment ça marche ?

Au moment de créer un nouveau tweet, un bouton « Sondage » apparaît. Votre texte à tweeter sera votre question de sondage. Ensuite, vous serez invité à introduire les choix possibles.

L’outil de sondage est disponible depuis le Web ainsi que les téléphones iPhone et Androïd.

Les avantages ?

  • Réactivité + conversation

Grâce à cette fonctionnalité, vous pouvez mesurer très rapidement le ressenti ou déterminer l’avis de vos usagers sur une question particulière puisque les résultats sont en temps réel. En outre, vous pouvez choisir la durée de votre sondage (contre 24h lors du lancement en octobre 2015), ce qui permet une grande souplesse. Il s’agit aussi d’un autre moyen de converser avec vos followers.

  • Ouvert à tous

Tout usager Twitter peut répondre à votre sondage, ce qui ouvre le potentiel de visibilité.

  • Retweet possible

Comme un tweet classique, votre sondage Twitter peut être retweeté. Intéressant, non ?

  • Anonymat respecté = sincérité plus grande

Vous n’avez pas accès au détail des votants, ce qui permet aux usagers de dire ce qu’ils pensent sans crainte. De plus, le vote est unique par utilisateur.

  • Plus simple

Bien qu’il était déjà possible de poser des questions à ses usagers sur Twitter (par un simple tweet ou via un hashtag), les sondages Twitter bénéficient d’une plus grande clarté.

Les inconvénients

  • 1 question, 4 réponses

Pour le moment, Twitter ne propose de créer qu’un sondage à la fois et le nombre de choix de réponses est limité à deux.
En outre, la formulation des réponses ne peut excéder 20 caractères (concision toujours !)

  • Fausses réponses

Etant ouverte à tous les utilisateurs de Twitter, des publics localisés hors du périmètre de votre bibliothèque peuvent « fausser » les résultats.

Malgré tout, les sondages Twitter restent une fonctionnalité potentiellement très utile pour les bibliothécaires qui ont plus à y gagner qu’à y perdre, vous ne trouvez pas ?

Utiliser l’application Boomerang en bibliothèque ?

Voici une nouvelle occasion pour les bibliothèques et les bibliothécaires d’innover et de montrer qu’ils suivent les tendances montantes.

Que propose l’application Boomerang d’Instagram ?

Lancée le 22/10/15, l’application Boomerang d’Instagram vous permet de créer une image animée (de type GIF), résultat de 5 photos prises en rafale, mises bout à bout et lues à l’endroit puis à l’envers… le tout en 1 seconde seulement.
A noter que Boomerang ne gère pas (encore ?) le son.

Exemples

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#boomerang #BlurryfaceTour

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Une fois téléchargée, l’application est directement utilisable, sans compte Instagram. Vous pourrez ainsi la diffuser sur vos réseaux sociaux et/ou sur votre site Web.

Quelles applications en bibliothèque ?

Votre créativité est ici mise à l’épreuve 😉

  • Des « vidéos Boomerang » à faire autour du livre comme présenté ci-haut,
  • un moment de vos activités,
  • allumage/extinction des feux de la bibliothèque (à l’intérieur ou à l’extérieur selon ce qui vous semble le plus photogénique et sympathique),
  • votre bibliothèque vide puis pleine,
  • mise en mouvement de mobilier,
  • mise en situation d’usagers (avec leur autorisation bien sûr), les enfants en particulier,
  • mise en scène d’un jeu disponible dans votre structure,
  • d’autres idées ?

Si vous trouvez des « vidéos Boomerang » intéressantes liées à la bibliothèque ou postées par des bibliothécaires, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Une contrainte ?

Pour le moment (25/10/15), l’application n’est disponible que pour téléphones iPhone ou Android, ce qui veut dire que l’un de vos agents doit en posséder un…

Plus d’infos

Vous trouverez plus d’informations sur l’aide du site d’Instagram.

Pourquoi utiliser le webmarketing en bibliothèque ?

Pour la survie des bibliothèques

Il est souvent malvenu de parler de bibliothèque et de marketing (ou d’économie en général) en même temps. Or, force est de constater que la réalité économique a rattrapé le monde des bibliothèques : il faut rendre de plus en plus de statistiques à la tutelle et se rendre visible auprès des élus mais aussi des usagers. Même si c’est une lapalissade, rappelons que sans usager, point de bibliothèque et donc de bibliothécaire !

En ces temps de restrictions budgétaires, ce besoin de visibilité touche tous les types de bibliothèques : bibliothèques de lecture publique, bibliothèques universitaires, etc. Face à l’absence d’obligation de bibliothèque municipale dans les communes par exemple, il devient primordial de mener des actions pour montrer qu’on existe et qu’on propose des services de qualité.

Aujourd’hui, les pratiques culturelles des usagers ont évolué et il s’agit de recréer le lien avec cet usager devenu internaute. L’affaire n’est pas aisée car avec la foison d’activités disponibles dans notre société de l’information (et de consommation), la bibliothèque doit faire face à la concurrence et essayer de sortir du lot.

De plus, l’arrivée de « l’Internet pour tous » (la fracture numérique existe malgré tout), remet en question la légitimité de la bibliothèque : pourquoi aller à la bibliothèque si tout est disponible sur le Web ?

« si l’information est partout, alors la bibliothèque ne sert plus à rien » (« Les bibliothèques se cachent pour mourir »)

Community management en bibliothèque/médiathèque (réseaux sociaux)

Parmi les outils webmarketing que la bibliothèque peut utiliser, on trouve les réseaux sociaux. Le but du Community management est ici de rendre visibles les actions de la médiathèque : expositions, rencontres d’auteurs, nouveautés particulières, annonces d’événements, ateliers, accès aux technologies, montrer les espaces tout simplement même, etc.

L’idée est donc de rendre la bibliothèque plus moderne, plus « humaine », plus proche des usagers aussi bien par les sujets que par le ton employé qui va s’adapter à la cible.

Le blog de la bibliothèque

Tenir un blog de la bibliothèque demande des qualités rédactionnelles que nombre de professionnels possèdent certes mais aussi une connaissance du référencement (rédaction Web orientée SEO, Search Engine Optimization) et des sujets porteurs et engageants.

Ce qu’implique la communication en bibliothèque

  • Définir une politique éditoriale (validée par la tutelle) ;
  • rester en phase avec l’éventuelle charte d’utilisation des médias sociaux déjà en place dans la tutelle ;
  • connaître les droits sur Internet pour éviter tout souci ;
  • être au courant des nouvelles tendances, nouveaux outils et manières de communiquer ;
  • effectuer de la veille sur les nouvelles pratiques de communication des autres bibliothèques, françaises ou étrangères.

Une véritable stratégie de communication sur le Web est ainsi nécessaire mais, après tout, la bibliothèque (enfin, médiathèque le plus souvent) appartient aux usagers, il est donc pertinent d’adopter les moyens que ce dernier utilise pour le capter, entrer en contact avec lui.

Confier ces tâches aux bibliothécaires en place ?

Tous les agents ne maîtrisent pas les enjeux du webmarketing (voire y sont réfractaires), les outils qui existent ni leur fonctionnement.

En outre, les bibliothécaires n’ont pas le temps d’assumer pleinement ces tâches alors que communiquer demande une continuité de l’action ainsi qu’une cohérence dans le ton et les réponses données.

Confier ces tâches au service de communication ?

Oui mais avec une personne dédiée qui pourrait ainsi s’investir pleinement à la communication de la bibliothèque et non des autres services de la tutelle en complément. En effet, il est indispensable de consacrer beaucoup de temps pour mener à bien des objectifs webmarketing.

Localisation

A mon sens, plutôt au sein du service communication de la tutelle car des collaborations auront lieu (vidéos, créations de visuels, etc.) et aussi pour garder un œil extérieur, celui avec lequel les usagers voient la bibliothèque/médiathèque ! Cela n’empêche pas les nombreuses visites à la médiathèque pour communiquer sur les événements en cours, comme décrits précédemment.

Profil idéal : webmarketer + bibliothécaire

Etre un réel communiquant en médiathèque. L’avantage d’un profil mixte comme le mien (je fais ma pub !) est de connaitre à la fois le fonctionnement d’une bibliothèque, les enjeux et difficultés du métier de bibliothécaire et le webmarketing. Cela s’avère un atout pour déterminer les sujets qui pourront intéresser les usagers.

Egalement, un tel profil mixte signifie pouvoir être plus facilement accepté(e) par les bibliothécaires en place puisque la formation reçue pour la « partie bibliothèque » est la même (DUT information-communication, option bibliothèques) que beaucoup de professionnels.

Attention, il est important de ne pas confondre les fonctions d’animation de l’EPN (Espace Public Numérique) de la médiathèque avec les rôles de Community management et d’éditorial : ce n’est pas du tout la même chose.

Le cas des BDP

Les Bibliothèques Départementales de Prêt peuvent elles aussi bien sûr communiquer, à la différence que le destinataire est le collègue bibliothécaire, lui aussi est sollicité par ailleurs donc la recherche de captation du public reste présente. En revanche, à public différent, manière de communiquer différente aussi bien sur le fond que la forme.

Conclusion

Ainsi, avec ces quelques explications j’espère vous avoir aidé à cerner un peu mieux les enjeux du webmarketing en bibliothèque. Loin de représenter un empiétement de « l’ennemi venu du secteur privé », le webmarketing propose des outils pour aider à conserver ces structures culturelles, éducatives et sociales que sont les bibliothèques/médiathèques.

Résumé des allocutions d’ouverture #ABF2015

Vous avez manqué ces allocutions ? Voici un résumé.

Intervenants

  • Souad El Maysour, adjointe au maire de Strasbourg Ville et Eurométropole, en charge de la lecture publique
  • Anne Mistler, directrice régionale des affaires culturelles d’Alsace
  • Anne Verneuil, présidente de l’ABF
  • Xavier Galaup, président du groupe ABF Alsace

Inventer pour surmonter

Souad El Maysour

Le titre de ce congrès, « Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension » est presque un manifeste, un impératif. Il s’agit de donner des clefs pour surmonter les problèmes, les obstacles.

La lecture publique ne doit pas seulement être la construction d’un bâtiment et la mise à disposition de fonds documentaires mais aussi un lieu de rencontres et d’échanges (le fameux « 3e lieu »). Cela revient à développer la dimension citoyenne des médiathèques. Pour cela, le numérique est un outil intéressant mais il ne reste qu’un outil.

L’un des enjeux aujourd’hui est de composer avec le livre numérique mais il s’agit surtout de trouver la référence qui fait notre modernité face à ce nouveau rapport à l’écrit.

Enfin, lire est un moyen de lutte contre l’obscurantisme et l’Etat totalitaire.

Anne Mistler

On constate la grande implantation historique des bibliothèques en France (en plus d’autres types d’infrastructures). Lieu de rencontres, de pensée véhiculée par les livres, elles permettent également de rompre la solitude.

Globalement, l’Alsace [ce congrès se déroule à Strasbourg] est bien dotée en bibliothèques.

Le thème de cette année, sur les tensions, peut se voir sous deux angles :

  • les tensions négatives
  • Les tensions positives

Anne Mistler a également évoqué la manifestation culturelle « Lire en short » cet été, instiguée par madame Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication.

Anne Verneuil

La présidente de l’ABF (Association des bibliothécaires de France) a salué l’arrivée, la veille, des cyclistes de Cyclo-Biblio qui ont parcouru cette année le trajet Bâle-Strasbourg.

Strasbourg accueille cette fois 720 congressistes, un nombre important peut-être du fait de son thème : les tensions.

En France, la bibliothèque se porte mal : postes supprimés, déqualification de personnel… Les grands équipements ont des problèmes de gestion et dans les petites structures, le personnel doit tout faire. Face à cette situation de crise, l’absence d’obligation de lecture publique en France complique notre discours. Cependant, l’état des lieux est bien pire ailleurs, comme au Royaume-Uni où l’on note la fermeture de bibliothèques.

Xavier Galaup

M. Xavier Galaup rappelle que l’Alsace accueille le congrès ABF pour la deuxième fois : la fois précédente c’était en 1980. Le thème était alors : « Edition aujourd’hui, édition demain », ce qui n’a pas manqué de faire sourire les congressistes.

Il souligne que le bibliothécaire doit de nos jours être créatif pour aller de l’avant.

Enfin, après avoir longuement vanté les mérites de l’Alsace aux niveaux touristique et gastronomique, un clown intervenant (Mademoiselle Maria K) a permis de passer à la suite 😉

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

Quand le bibliothécaire persécute l’usager (#ABF2015)

Titre complet : Quand le bibliothécaire persécute l’usager : interdits et usages illégitimes

Vous avez cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé.

Intervenants

  • Céline Vidal, présidente du groupe ABF Languedoc-Roussillon
  • Marielle de Miribel, conservateur en chef, chargée de mission qualité au bureau des bibliothèques de la ville de Paris.
  • Anne-Christine Collet, SCD Université Lyon 1
  • Anne Verneuil, directrice de la médiathèque d’Anzin

Une conférence avec beaucoup d’humour et d’ironie, de second degré.

10 points qui rebutent l’usager ou « Comment dégoûter un lecteur assidu ? »

Marielle de Miribel nous expose, à l’aide d’un document Powerpoint projeté, « Comment dégoûter un lecteur assidu ? » Je vous en propose un condensé :

  • Des locaux sales,
  • un lieu anonyme,
  • un bibliothécaire de mauvaise humeur, qui ne sourit pas,
  • trop de prescription,
  • une sensation de « trop plein » de livres (rangement),
  • des réponses évasives à une demande de renseignement,
  • dépricer, humilier publiquement l’usager,
  • être inquisiteur et donner trop de sanctions,
  • décider à la place du lecteur ce qu’il devrait ou non lire,
  • l’ignorer (indifférence, impatience, mépris).

Ces points interrogent sur le comportement du bibliothécaire face au lecteur et l’image qu’il renvoie. Ainsi, la persécution du lecteur est-elle une réalité ou une seule perception ?

Quid du règlement de la bibliothèque ?

Anne-Christine Collet pose la question de manière directe : à quoi sert le règlement en bibliothèque ? Sa fonction serait d’être la « norme sociale de la bibliothèque », son « contrat social ». Or, il dérive souvent vers des interdictions presque liberticides. Il est pourtant possible d’accompagner les lecteurs, en leur faisant comprendre les choses autrement.

Vers une amélioration du règlement

Le vocabulaire utilisé dans ce document est parfois (souvent ?) trop élevé pour la moyenne des usagers. Il ne faut donc pas hésiter à le simplifier et à l’adapter aux réalités des pratiques (exemples : l’utilisation de téléphones portables, les boissons interdites).

Et pourquoi ne pas accompagner le règlement (qui présente les contraintes) d’une charte d’accueil (l’ofre des bibliothécaires) ? Communiquer dessus avec des focus sur un point particulier semble être une démarche gagnante selon Anne-Christine Collet qui parle de la « campagne » « The Big Mug Theory » visant à sensibiliser sur l’utilisation de mugs fermés. Vous trouverez quelques exemples ici.

D’autre part, la médiathèque fournissant trop de documents qui ne sont que très peu lus, un témoignage de la salle va dans le sens de la substitution réglementaire par du 0% papier, inscription comprise (inscription sans documentation tout étant gratuit) et relate que la méthode est bien plus efficiente.
Le règlement de la bibliothèque n’est finalement qu’un appui juridique qui sert aux bibliothécaires en cas de problème.

Les interdits en bibliothèque et leurs perceptions

En remplacement de l’intervenante n’ayant pu se déplacer, Anne Verneuil présente le mémoire de l’ENSSIB d’Adèle Spieser (2012) dont le titre est « Fais pas ci, fais pas ça : les interdits en bibliothèque » que vous pouvez retrouver ici au format PDF.

Le document, basé sur de nombreux entretiens, offre la perception des usagers sur ce qu’ils pensent avoir le droit ou non de faire en bibliothèque. La question est froidement posée :

« la bibliothèque est-elle vraiment un espace de liberté ? »

En effet, la signalétique est contraignante (notions de pouvoir et de devoir), la vidéosurveillance n’est pas rare, la présence d’agents de sécurité impressionne, les antivols sont légions…

Comment gérer la transgression ?

L’usager ne connaît pas toujours la règle en bibliothèque d’autant plus que les bibliothécaires eux-mêmes la transgressent (bruit, retard de documents sur la carte…).

Une recommandation est donc d’interdire moins pour accueillir mieux : intervenir quand un comportement peut gêner les autres usagers et surtout expliquer pourquoi afin de sensibiliser.
Enfin, de son attitude face à l’accueil, le bibliothécaire fait du « vivre ensemble »

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

Tensions internes à l’équipe (#ABF2015)

Titre complet : Les tensions internes à l’équipe : intégration de nouveaux profils, apports et difficultés (conflit de valeurs, de générations..)

Vous avez cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé.

Intervenants

  • Nicolas Di Meo, responsable du département des collections, SCD université de Strasbourg
  • Jean-Pierre Durand, sociologue
  • Virginie Delaine, directrice de la médiathèque de Saint-Priest
  • Marie-Noëlle Andissac, responsable de la commission Accessibib de l’ABF

Du catalogage… aux big Data, un métier à réinventer

Pendant longtemps, le cœur du métier de bibliothécaire était l’acquisition et le catalogage et consistait moins à aller vers le public. Or, à l’heure où l’informatique fait partie du quotidien professionnel, l’utilité d’une démarche de catalogage en tant que tel se pose. De nouvelles tensions apparaissent car la technique s’impose dans le métier et les grandes orientations professionnelles sont à redéfinir.

En outre, avec l’arrivée des Big Data (ou « données massives ») et de la société de prédiction qui s’y joint, on assiste à une dépossession du travail des bibliothécaires par les machines. On rencontre ainsi des résistances face à la détérioration du sens du travail. L’identité professionnelle du bibliothécaire s’effrite et l’on voit bien combien il est nécessaire de transformer le travail du bibliothécaire de l’intérieur… c’est le rôle des associations professionnelles et des syndicats.

Comment prévenir les conflits dans l’équipe ?

Etat des lieux

Pour Virginie Delaine, la source de tensions peut être variée du fait :

  • d’une grande pyramide des âges mais avec une prépondérance de Baby Boomers ;
  • de types de contrats divers ;
  • d’écarts de revenus entre agents ;
  • de niveaux de formations différents ;
  • de profils qui le sont tout autant ;
  • de valeurs éloignées ;
  • d’une sorte de lutte des classes ;
  • de positions qui diffèrent sur l’évolution du métier et ce que doit être le service public.

Les solutions possibles

  1. « Laisser son naturel au vestiaire » quand on est au travail et traiter tout le monde avec équité.
  2. S’appuyer sur des faits pour éviter l’arbitraire : ne pas donner d’instructions puis revenir dessus sans argumenter.
  3. Soigner la communication : quand une information ou consigne est donnée, elle doit être transmise à tous et au même moment.

Il est également important de ne pas rester passif quand une critique est émise et de rester à l’écoute pour repérer les signes avant-coureurs d’un problème.
Le bibliothécaire peut aussi s’appuyer sur des personnes : le service juridique, le médecin du travail, les préventeurs, etc.
Concernant le projet d’établissement, il doit faire l’objet d’un commun accord sur les objectifs visés.

Si le conflit arrive à son plus haut point, n’hésitez pas à demander une médiation afin de construire ensemble (et tout de suite) un plan d’action.
Une autre possibilité pour prévenir et résoudre ce type de conflits est de réaliser une formation de gestion des conflits et/ou en management (conduite de projet par exemple).

« Plus on est préoccupé par la façon dont on avance, mieux on avance. »

Handicap en bibliothèque : autre source de tensions internes

On évoque ici le cas de l’intégration de bibliothécaires en situation de handicap.

Les deux extrêmes sont rencontrés au niveau du recrutement : choisir un candidat juste du fait de son handicap et non de son profil ou bien choisir un bibliothécaire en situation de handicap et vraiment compétent.

Quelles peuvent être les sources de ces conflits ? Une méconnaissance du handicap par les collègues et en face une difficulté à s’intégrer et à s’adapter à un environnement de travail pas complètement adapté. Or, l’arrivée de cette nouvelle personne peut représenter un enrichissement pour l’équipe :

Intégrer des personnes différentes c’est accueillir plus facilement des publics différents. (Marie-Noëlle Andissac)

Quelques pistes pour mieux accueillir les collègues handicapés

  • Accepter les animaux d’assistance ;
  • former les équipes ;
  • faire appel à des auxiliaires de vie professionnels (à mutualiser dans la collectivité) ;
  • choisir un candidat pour ses compétences ;
  • éviter l’excès de compassion ;
  • anticiper les changements ;
  • importance des lieux de parole pour parler « sans tabou » ;
  • ne pas enfermer le nouvel arrivé dans une mission spécifique mais l’intégrer plus largement.

Ainsi, une inclusion est réussie lorsque le collègue est sur des missions autres que celles en relation avec son handicap.

Enfin, fut abordé dans la salle le problème des nombreux temps partiels où l’on distingue ceux acquis « de droit » et les temps partiels « de confort » où l’agent ne souhaite pas travailler davantage parce c’est sa volonté.

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

Les tensions avec les élus : chacun sa place ! #ABF2015

Vous avez manqué cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé.

Intervenants

  • Dominique Lahary, ancien vice-président de l’ABF, retraité
  • Carol Knoll, directrice générale adjointe en détachement à la Mutualité française, auteur de Fonctionnaires, et alors ?, éd. Eyrolles
  • Marie-Paule Lehmann, vice-présidente de territoire, Conseil départemental du Bas-Rhin
  • Anne-Marie Bock, directrice de la Bibliothèque départementale du Bas-Rhin

Sujet permanent de débats entre bibliothécaires dont le vécu est souvent fait de méfiance voire de défiance (voir l’enquête parue dans le magazine Bibliothèque(s) 71-72 et disponible en ligne), il s’agit ici d’identifier les tensions et de les surmonter, trouver les solutions pour une meilleure action du service public.

Carol Knoll : légitimité

Pour Carol Knoll, chacun a sa légitimité :

  • l’élu tient sa légitimité du suffrage universel,
  • le bibliothécaire tient la sienne de sa compétence technique et professionnelle (et met en application la décision de l’élu)

Lors des dernières élections de 2015, on a vu l’émergence d’une nouvelle génération d’élus qui ne connaît pas forcément le fonctionnement du service public. Comme pour tout, une phase d’apprentissage leur est nécessaire. Le bibliothécaire doit donc éclairer l’élu et être un outil d’aide à la décision. Ensuite, il devra mettre en application et rendre compte.

Le rappel est fait que le fonctionnaire a notamment le devoir d’obéissance sauf lorsque :

  • l’ordre est illegal ET
  • compromet l’ordre public (il faut que les deux composantes soient réunies)

Aujourd’hui plus qu’hier, les élus souhaitent que les actions soient lisibles et visibles (le « faire savoir »), ce qui peut engendrer des questions quant à l’éthique. Dans ce cas, il est important de ne pas rester seul et d’en parler à ses pairs.

Anne-Marie Bock : comprendre l’élu

Un souffle d’espoir arrive dans la salle avec le témoignage d’Anne-Marie Bock qui souhaite faire part de son expérience positive avec les élus. Certains d’entre-eux ont en effet cru à ses projets, lui ont appris à avoir une vision politique, à mettre de côté la technicité et à découvrir d’autres enjeux. Au final, sa vision des choses a changé.

« Les bibliothécaires se plaignent souvent des élus mais s’intéressent-ils vraiment à eux ? » Le bibliothécaire doit être capable de s’ouvrir à la vision qu’il peut apporter à l’élu pour construire des projets. Cela nécessite de la conviction, de l’intention et d’être force de proposition. L’élu souhaite qu’on lui apporte des solutions plutôt que chaque jour un nouveau problème.

Pour faire aboutir un projet, la question de la temporalité est cruciale car elle est différente selon la période du mandat de l’élu et le rythme de la collectivité.

Marie-Paule Lehmann : accompagner l’élu

Il existe une différence entre la vision qu’ont les usagers d’une bibliothèque et les véritables enjeux de la structure. La nouvelle génération d’élus qui arrive a un besoin de comprendre ces enjeux pour non seulement être au service de sa population mais aussi de son bien-être.

Sur le côté réglementaire également, l’élu doit faire appliquer une réglementation qu’il ne maîtrise pas toujours très bien et découvre qu’il ne fait toujours ce qu’il aurait envie de faire mais plutôt ce qu’il a le droit de faire.

La problématique actuelle des élus est l’aspect financier, ils ont donc des choix drastiques (et douloureux) à faire et… la culture en fait souvent les frais.

Une question de la salle sur la participation amène à expliquer qu’il est de nos jours difficile de mobiliser les citoyens pour l’intérêt commun. De ce fait, on retrouve un peu les mêmes personnes. Me Carol Knoll ajoute qu’il ne faut pas hésiter à utiliser le Web pour faire participer les jeunes plutôt que de vouloir les réunir autour d’une table (et là mon profil webmarketing a dit « Hallelujah ! »).

Quelques mises en garde et recommandations

« Il s’agit de faire moins avec moins mais avec des priorités fortes » : « on ne conduit pas un projet de la même manière avec un supérieur administratif qu’avec un élu. »

Suite à une question sur la protection des lanceurs d’alertes, il est rappelé que le devoir de réserve n’est pas inscrit dans la loi mais est le fait de la jurisprudence « seulement ». Attention donc à ne pas prendre de risques inutiles. D’ailleurs, la loi du 13 juillet 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires (par ici) est en cours de modification pour y ajouter la laïcité ainsi que d’autres notions.

Phrases fortes

« Les bibliothécaires se plaignent souvent des élus mais s’intéressent-ils vraiment à eux ? » (Anne-Marie Bock)

« (…) il peut y avoir une complémentarité fructueuse pour le bien du service public » (Dominique Lahary)

« (…) sentiment que les bibliothécaires cumulent les problèmes alors que les élus cumulent les mandats » (Anne-Marie Bock)

Élus : « les 3e mi-temps des réunions sont souvent fructueuses pour faire avancer les choses » (Marie-Paule Lehmann)

Conclusion

Le manque actuel de moyens ravive les questions de priorités, il est alors nécessaire que les bibliothécaires expriment ce qu’ils font en termes de références politiques et non techniciennes (pour résumer : à quoi sert une bibliothèque !).

La différente temporalité comme expliquée ci-haut est réaffirmée ainsi que l’obligation de discrétion professionnelle : on ne répand pas ce qui a fait ou non l’objet d’une validation dans un dossier.

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

Horaires d’ouverture : quels projets pour quels objectifs ? #ABF2015

Vous avez manqué cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé.

Intervenants et modératrice

  • Françoise Muller, directrice de la médiathèque de Moulins-communauté
  • Françoise Legendre, inspectrice générale des bibliothèques
  • Souad El Maysour, adjointe au maire de Strasbourg Ville et Eurométropole, en charge de la lecture publique
  • Emmanuel Marine, directeur du centre culturel communautaire Les Cordeliers, Lons-le-Saunier.

Résumé de la conférence

La question des horaires d’ouverture est-elle source de tensions entre le bibliothécaire et le public, surtout depuis la loi Macron et son invitation à ouvrir le dimanche, y compris pour les bibliothèques/médiathèques ?

L’évolution des modes de vie doit donner lieu à un Projet qui doit faire sens pour une ouverture dominicale ou une extension à la pause déjeuner.

Comme le précise Françoise Legendre, il s’agit de « toucher les publics où ils sont et vont, dans une démarche pas forcément culturelle ou documentaire. »

Le cas de la médiathèque des Cordeliers à Lons-le-Saunier (Jura)

Un projet atypique

Emmanuel Marine a présenté son retour d’expérience sur la médiathèque des Cordeliers à Lons-le-Saunier (Jura). Belle médiathèque innovante tant dans son bâtiment très contemporain que dans sa fonction à multiples facettes : à la fois médiathèque, cinéma et centre culturel. Regrouper tout en un seul lieu était en effet le concept prévu dès le départ dans cette commune de 33 000 habitants. Or, des paradoxes existent entre une médiathèque, service public et un cinéma, service marchand. Même si la captation de public était un objectif commun, des ajustements furent donc nécessaires pour concilier ces deux mondes.

Enquête et quelques conclusions

Une enquête fut réalisée pour valider la pertinence d’une ouverture de la médiathèque le dimanche et trois conclusions « évidentes » se dégagèrent :

  • l’ouverture le dimanche était une réelle attente du public,
  • des familles en particulier,
  • l’ouverture pendant la pause méridienne également.

Il fallait donc ouvrir plus mais surtout ouvrir autrement et pour cela, la médiathèque des Cordeliers de Lons-le-Saunier a :

  • fait appel à une formatrice pour « motiver les troupes »,
  • eu recours à des négociations,
  • souhaité s’adapter aux emplois du temps des personnels les autres jours que le dimanche afin de compenser ce nouveau jour travaillé. Il en résulte une gestion complexe.

Un résultat convaincant

Au final, la fréquentation de la médiathèque a bondi et « le dimanche, les gens viennent pour passer un moment à la médiathèque« , ils ont le temps.

Il semble d’ailleurs que le personnel ne regrette pas cette décision d’ouverture dominicale. Le modèle a ainsi su convaincre l’équipe, les publics et les décideurs.

Extensions d’ouverture à Strasbourg : top et flop

A Strasbourg, la médiathèque André Malraux a testé l’ouverture pendant les révisions du Bac, au départ 2 semaines avant puis, au vu du succès de cette initiative, 3 semaines avant l’examen. Les lycéens ont apprécié cette extension. Il a été précisé que la médiathèque était bien évidemment ouverte à tous. En revanche, l’ouverture pendant les petites vacances scolaires s’est révélée être un échec.

La question est de savoir : pour qui veut-on ouvrir plus ? On a tendance à répondre : « pour tout le monde » mais ce n’est pas véritablement répondre car il faudra forcément faire des choix, ne serait-ce que par rapport à la politique documentaire par exemple.

A Strasbourg toujours, le service NoctamBU propose déjà l’extension des horaires d’ouverture (jusqu’à 22h voire 23h !) mais malgré tout les étudiants sont toujours en demande : plus de places assises, de places pour travailler, éventuellement d’accès aux collections, etc. Cependant, la tâche est ici plus aisée car le public est plutôt homogène : des étudiants pour la plupart.

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

La bibliothèque incompréhensible pour l’usager (#ABF2015)

Vous avez manqué cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé.

Intervenants et modératrice

  • Anna Marcuzzi, vice-présidente du groupe ABF Alsace
  • Benoît Teleu, adjoint à la directrice du département du Dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France,
  • Anne-Catherine Fritzinger, directrice adjointe de la BU Pierre et Marie Curie, Paris Sorbonne
  • Elisabeth Rozelot, directrice des médiathèques de Créteil.

Résumé de la conférence

Anna Marcuzzi introduit le sujet par des questions : « L’usager est-il un ennemi des bibliothécaires et pourquoi ? » La transparence est-elle la solution pour résoudre les tensions ?

Moins de contrats, plus de médiation

Benoît Teleu s’interroge sur la contractualisation (faire signer une charte par l’usager) : ne crée-t-elle pas trop une relation en vis-à-vis avec l’usager ?
Egalement, la contractualisation a-t-elle une réelle utilité quand on connaît l’impunité face à un refus de signer un tel contrat ? C’est pour cela qu’il peut être judicieux de laisser une part de « jeu » où la médiation va pouvoir s’installer et ainsi imposer moins de contrats pour plus de médiation. Il s’agit de « rendre explicite ce qui est implicite ».

Les documents écrits (règlements, chartes) doivent être modifiés selon l’évolution des usagers et de leurs pratiques. Elisabeth Rozelot ainsi que des intervenants et congressistes adhèrent donc à l’idée d’une co-construction du règlement intérieur entre le personnel et la direction. En outre, « la cohérence de l’équipe face au règlement est importante ».
Cependant, la question est posée : ces contrats servent-ils en fait à se protéger de l’usager et du reste ?

Capital culturel, capital d’habitude

La coexistence des publics engendre des incompréhensions entre usagers. Pour faire revenir les usagers n’ayant pas le « capital culturel » d’accès à la bibliothèque, on peut rétorquer le « capital d’habitude » qu’ils acquerront à force de venir, petit à petit.

La question des espaces

Les espaces et la classification en bibliothèque sont d’autres aspects d’incompréhension possible de part des usagers. A la BUPMC (Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie de Paris Sorbonne), se sont posées les questions des espaces, différenciés, pour un travail en groupe ou individuel, d’espaces réservables à distance, etc.

Collaborer avec les usagers

A la BU de Nice, des Cercles de qualité ont été mis en place où bibliothécaires et chercheurs se réunissent pour (re)définir les besoins.

Toujours en BU, on assiste à des initiatives de « moniteurs étudiants » pour faire de la médiation plutôt qu’aux seuls professionnels car les bibliothécaires n’ont pas toujours le recul nécessaire d’une part et utilisent trop de jargon d’autre part (« OPAC », parler de « documents », etc.). Ainsi, des élèves en master par exemple pourront parfois mieux comprendre les besoins et carences des novices.

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

La fonction publique, c’est terminé (#ABF2015)

Vous avez manqué cette conférence ABF 2015 ? Voici un résumé :

Intervenants

  • Sébastien Lagarde, responsable de la commission Ressources humaines et formation de l’ABF ;
  • Pierre-Marie Vidal, directeur de la rédaction d’Acteurs publics ;
  • Gérard Aschieri, professeur, membre du Conseil économique, social et environnemental
  • Lucas Léger, chargé de mission à l’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales)

La conférence tente de répondre aux interrogations suivantes :

  1. la nature de la fonction publique : comment la redéfinir ?
  2. La temporalité : peut-on construire une fonction publique pérenne ?

Etat des lieux

On perçoit des clivages très prononcés quand il s’agit de la fonction publique : pour schématiser, on parle soit d’immobilisme soit de libéralisme nécessaire.

Pour débattre de la fonction publique, les intervenants partent de 3 postulats : la France respecte ses fonctionnaires, la France aime ses fonctionnaires et la France ne maltraite pas ses fonctionnaires.

Ainsi, comment redéfinir la fonction publique ? Quel type de fonction publique mettre en oeuvre ? Dans quel cadre ? Le statut de la fonction publique le permet-il vu le manque de courage des politiciens et le manque de connaissance des managers du service public ?

Non, la fonction publique n’est pas terminée, c’est le mode de management qui l’est c’est pourquoi il faut le remettre en question : être plus de souple, plus en adéquation avec les attentes du service public, avec plus de moyens, etc. Le pire serait le statut quo qui créerait l’insatisfaction de tous (politiciens, fonctionnaires et usagers).

Gérard Aschieri : redéfinir le service public

Pour Gérard Aschieri, « la fonction publique n’est pas une pièce de musée », elle a besoin d’adaptabilité et d’évaluer son action.

Le principe de hiérarchie est de mise, la place de l’usager est à prendre en compte et concernant l’intérêt général, il faut s’interroger sur les moyens de le prendre en charge au-delà de nos frontières (exemple avec le cas du dérèglement climatique qui est l’affaire de tous).

Aujourd’hui, nous avons une logique comptable de la fonction publique.

Lucas Léger : mutation du service public

La fonction publique traverse davantage qu’une crise, c’est une véritable mutation avec l’arrivée du numérique. Or, il n’y a pas de réflexion sur ce qu’est la fonction publique de nos jours et ce qu’elle va devenir avec l’entrée toujours plus forte du numérique. Quel le rôle de l’État par rapport à ces mutations ?

Trois objectifs sont présents dans les statuts de la fonction publique :

  • la responsabilité d’efficacité (le fonctionnaire par rapport à sa mission) ;
  • le dévouement ;
  • le rattrapage des salaires vis-à-vis du secteur privé.

Or, actuellement la fonction publique ne répond plus à ces besoins car l’usager n’est plus mis au premier plan. C’était d’ailleurs l’idée du Livre blanc de Nicolas Sarkozy que de faire une fonction publique de métier et donc accorder plus d’autonomie et moins de contraintes au statut ainsi que plus de mobilité.

Il est donc important pour le service public de s’adapter au numérique.

Pour répondre à la question du comment construire une fonction publique pérenne, Lucas Léger préconise de faire du service public un acteur de la performance d’un pays.
Ainsi, la gestion est à modifier car la fonction publique connaît un problème d’attractivité de la part des décideurs. Cependant, la durabilité du service public n’est pas remise en cause.

L’Etat doit prendre en compte deux contraintes : la dette publique et l’attractivité. En effet, si la fonction publique souffre d’une mauvaise image, les entreprises n’auront pas envie de venir et on ne pourra pas résoudre le premier problème (celui de la redéfinition du service public).

« Réintroduire une vision du service public pour mieux piloter, gérer la fonction publique. »

Quel périmètre d’action pour la fonction publique ?

Le service public est toujours vivant et doit s’adapter aux besoins des usagers. Repenser son périmètre n’est donc pas choquant.

L’Open Data représente un risque pour ce nouveau périmètre mais en même temps, de nouvelles formes de service public peuvent se créer.

« Le premier utilisateur de l’Open Data devrait être le service public (et non les entreprises). »

En fait, il n’y a pas de périmètre a priori de la fonction publique, il est donc important d’ouvrir un débat sur cette question.

Dans les autres pays européens, on observe une dissociation entre le service public et la fonction publique : des individus travaillent pour le service public mais dans le cadre d’un contrat privé.

D’autre part, la dette publique est un danger pour la qualité du service public. Ex : les personnes qui ne veulent plus s’affilier à la sécurité sociale.

Enfin, une intervention de la salle pose la question de l’évaluation d’un service public de la lecture publique. Une piste proposée est d’ajouter des indicateurs qui résumeraient le « bien-être social » d’un pays.

Merci à l’ABF Bourgogne de m’avoir permis de participer à ce congrès.

Inventer pour surmonter : bibliothèques en tension au 61e congrès de l’ABF à Strasbourg (du 11 au 13 juin 2015).

Pour 3 euros, visitez la BnF (Bibliothèque nationale de France) !

Une idée de visite guidée à faire lors de votre prochain séjour à Paris : (re)découvrir la BnF en particulier le site de la bibliothèque François Mitterrand.

Parisiens ou non, la visite en vaut la peine : elle dure officiellement 1h30 mais avec mon groupe et la passion du médiateur culturel 😉 nous avons mis 2h30 !

En effet, le temps de se déplacer du 20e étage au sous-sol, le temps passe très vite alors prévoyez d’être libre au cas où le guide souhaite passer plus de temps à vous conter l’histoire, les grandes missions, l’architecture du bâtiment et le fonctionnement de la bibliothèque… la plus grande de France.

Pour rappel, ses grandes missions sont :

  • la collecte (via le le dépôt légal, l’acquisition de nouveaux documents),
  • le catalogage,
  • la conservation et
  • la diffusion.

Photos de la BnF, Bibliothèque nationale de France (site François Mitterrand)

Plutôt que de longs discours, voici ce que vous pourrez notamment voir :

Robots waiting to be tasked
in side the booksleve
CIMG1976.JPG
"Il mondo è quel disastro che vedete, non tanto per i guai combinati dai malfattori, ma per l'inerzia dei giusti che se ne accorgono e stanno lì a guardare." Albert Einstein
Green Lung

Bref, une visite que je vous conseille vivement et non réservée aux « initiés » : emmenez famille et amis sans hésiter 🙂

Bibliotels : des livres gratuits sur votre lieu de vacances

Connaissez-vous les Bibliotels et leur festival de lecture StadtLesen ?

StadtLesen

Lors d’un passage à Berlin en Allemagne, je suis tombée sur ce concept fort intéressant qui remet le livre au coeur de la ville et de manière gratuite.

Quand on dit que la bibliothèque est un troisième lieu (ou tiers-lieu) 😉

C’est près du célèbre boulevard Unter den Linden, sur la Bebelplatz que s’est déroulé le festival de lecture StadLesen.

Sur cette grande place entourée d’un opéra, d’une cathédrale et de l’Ancienne Bibliothèque (aujourd’hui occupée par l’université Humboldt) étaient situées plusieurs étagères de livres.

StadtLesen.

A la disposition de tous, ces livres étaient, gratuits, pour tous les âges, intérêts et même en différentes langues, ce qui était vraiment bien pensé dans la mesure où la Bebelplatz se trouve sur une artère touristique à côté d’Unter den Linden.

Outre les livres, de nombreux canapés, poufs et hamacs étaient installés pour le plaisir d’une lecture imprévue au soleil (ouf pour la météo !).

Un guichet avec des marque-pages à l’effigie de Bibliotels et des prospectus expliquant le principe étaient disponibles.

Stadtlesen.com in Graz

Bibliotels

C’est ainsi qu’en se rendant sur leur site bibliotels.com on apprend que l’idée va beaucoup plus loin : proposer des vacances autour du livre. Comment ? En sélectionnant des hébergements munis de bibliothèques : plus besoin d’emmener des livres lourds à porter puisqu’ils sont déjà sur votre lieu de vacances.

Le saviez-vous ?

Outre l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, le Sud Tyrol et la France accueillent des Bibliotels.

En effet, deux Bibliotels sont listés en France au moment où j’écris ces lignes : la maison d’hôtes Mas la Colline et les chambres d’hôtes Le lézard vert.

Sur certaines photos on voit qu’une bibliothèque est présente dans ces lieux et attend donc ses futurs lecteurs 🙂

Bibliotourisme : la médiathèque de Longvic (21)

La médiathèque de Longvic ou plus exactement la médiathèque Michel Etiévant, est située dans l’agglomération de Dijon, en Bourgogne.

Ses atouts

  • Un bâtiment moderne, très agréable, avec de grandes baies vitrées et un cours d’eau au pied de la structure.
  • Issue de la transformation d’un bâtiment industriel, la médiathèque de Longvic a conservé de jolies poutres en bois qui lui confèrent un cachet supplémentaire.
  • Des bibliothécaires qui se bougent ! De nombreuses activités et animations sont proposées chaque mois.
  • Pour son espace « ados », la médiathèque de Longvic a choisi un espace indifférencié où certains ouvrages pour adolescents côtoient ceux des adultes.
  • Une adhésion à 8€ pour les habitants actifs de la ville, gratuite dans les autres cas. Côté Web, une liste de nouveautés à jour, ça fait plaisir 🙂

Les défis à relever

  • La médiathèque de Longvic possède une localisation qui ne facilite pas la diffusion du savoir : elle est située entre un aéroport (l’aéroport de Dijon), une station d’épuration et une base aérienne, la BA 102. La fermeture de cette dernière vient d’ailleurs d’être annoncée (15/10/14), ce qui impactera sans la fréquentation non seulement de la bibliothèque-médiathèque mais aussi celle des commerces aux alentours 🙁
  • Des publics connaissant des freins d’accès à la culture.
  • Côté Web : je trouve dommage l’absence de la médiathèque de Longvic sur les médias sociaux.